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| Billet | |||
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Chères et chers Collègues, Depuis quelques temps nous avons souhaité que la lettre aux adhérents soit un espace de partage d’informations sur les activités de nos régions et sur notre vie associative plus largement. Nous avons voulu, fidèles à la vocation de l’ANPASE, que cette publication soit aussi un outil d’information et de formation. Cela supposait que nous puissions apporter des éléments de réflexion et ce, sous l’éclairage d’éminents spécialistes : ainsi l’éducation populaire, les régions et leurs compétences, ou la prise en charge des plus jeunes en ont fait l’objet. Nous vous avons interpellés lorsqu’un fait de société nous semblait contraire à notre conviction associative comme autour de la question de la défenseure des enfants ou le fichier Edwige. Aujourd’hui un sujet tout aussi grave nous concerne tous. Le débat sur la nationalité, déjà discutable –et discuté- s’est élargi. Un pas de plus vers un nationalisme qui n’est pas sans rappeler de sombres périodes ? Deviendra-t-il normalement possible d’ôter à autrui sa nationalité sous prétexte sécuritaire et, pourquoi pas, demain politique ? Nous ne pouvons pas rester silencieux et c’est la volonté de l’ANPASE de susciter la réflexion. Ce n’est en effet pas qu’un sujet de société. Qui d’entre nous n’est pas confronté dans son quotidien à ces jeunes ou familles sans papiers, en demande d’une autre nationalité ou en revendication d’une nationalité qu’il n’ont toujours pas. L’article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme indique : «tout individu a droit à une nationalité». Le Code de la Nationalité précise : «les Français de naissance ne peuvent être privés de leur nationalité...» Dès lors, de ce que l’on peut entendre ici et là à savoir «de déchoir de la nationalité française une personne d'origine étrangère coupable d'une agression sur un dépositaire de l'autorité publique» en réduit l’efficacité ou la possibilité. Et ce encore plus quand on se souvient de L'article 1 de la Constitution française lequel définit en effet la France comme une «République indivisible, laïque, démocratique et sociale, qui assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion ». Pourquoi sommes-nous toujours témoins des réponses répressives alors que nous savons que pour la majorité de ces jeunes, les réponses doivent être éducatives : qu’est il fait des équipes de prévention, de la mixité sociale dans les quartiers, de la vie sociale soutenue par les associations ? Où sont dans ces quartiers les maillons indispensables de la vie quotidienne : permanence CAF, médecin, mairie annexe, police de proximité … ? Surtout «ne tombons pas» dans l’angélisme : bien sûr qu’il existe des réseaux maffieux qui recrutent dans nos banlieues, et que nos collègues policiers ou chauffeurs de bus sont parfois en première ligne… Mais la tendance et la réponse d’une autre époque, que nous ne voulons plus, interroge. La pensée politique serait-elle si pauvre ou aurait-elle perdu la mémoire de cette période vichyste qu’elle ne peut nous garantir que le populisme et ses raccourcis ? Mes chères et chers collègues soyons vigilants. Notre choix associatif est de donner à chacun des outils pour pouvoir répondre, s’il le souhaite, à ces réflexions xénophobes. Dès le mois prochain, dans le même objectif, nous vous proposerons dans la continuité de celles-ci, une lettre sur la question des Roms, gens du voyage et Roumains. Bonne rentrée à chacun d’entre vous. Thierry Amat |
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